MOQUETTES TEXTILES

CODE DECHETS

170904 : Déchets de construction et de démolition en mélange autres que ceux visés aux rubriques 17 09 01, 17 09 02 et 17 09 03.

VOLUME ET COLLECTE DES DECHETS DE MOQUETTE TEXITLES

En 2015, la surface de moquette vendue sur le marché français (particuliers et professionnels confondus) s’élevait ainsi à 38,5 millions de m2 6, soit de quoi couvrir presque deux fois intégralement les rues de Paris. (étude Zerowaste)

Cela génère également énormément de déchets en bout de chaîne, qu’il faut traiter. En Europe, ce sont chaque année environ 1,6 millions de tonnes de moquettes usagées qui sont jetées (étude Zerowaste).

ESTIMATION DES TAUX DE VALORISATION - ELIMINATION

Enfouissement : 98% (source ADEME – étude préfiguration REP PCMB)

Source : étude ZéroWaste

La grande majorité des moquettes est mise en décharges après usage. En plus d’être un énorme gaspillage de ressources, la mise en décharge entraîne de nombreux impacts environnementaux négatifs. 

  • Les moquettes synthétiques se dégradent très lentement une fois en décharge, se mélangent avec d’autres types de déchets et peuvent entraîner l’infiltration dans les sols de liquides issus du processus de décomposition (appelés lixiviats) qui concentrent les polluants et substances toxiques.
  • La décomposition des déchets en mélange libère également du méthane, un gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le CO2, récupéré seulement en partie par les systèmes de captage. 

Incinération : 2% (source ADEME – étude préfiguration REP PCMB)

Source : étude ZéroWaste

En France, il peut aussi arriver que la moquette soit envoyée en incinérateur pour y être brûlée. L’incinération est un traitement néfaste pour l’environnement, et ce même lorsque la chaleur issue de la combustion est en partie réutilisée ou valorisée. (…)

  • L’incinération ne permet pas de se débarrasser complètement du déchet. Tout d’abord, environ 20% des déchets incinérés se retrouvent à la sortie sous la forme de cendres et résidus d’imbrûlés, appelés mâchefers, qui concentrent de nombreux polluants. 
  • Les fumées issues de la combustion sont quant à elles chargées en produits toxiques et doivent donc faire l’objet d’une filtration et d’un traitement. Les résidus de ces filtres, appelés REFIOM (Résidus d’épuration des fumées d’incinération des ordures ménagères) sont ainsi extrêmement polluants et sont envoyés en installation de stockage pour déchets dangereux. L’incinération de déchets est également à l’origine d’une pollution de l’air: elle relâche dans l’atmosphère des molécules dangereuses dont certaines ne sont pas contrô- lées ou réglementées (polluants organiques persistants, perturbateurs endocriniens, certaines dioxines, métaux lourds, etc). 

De surcroît, en France, les efforts pour faire progresser le recyclage et la réutilisation risquent de se heurter au développement d’une forme de réinvention de l’incinération, consistant à transformer des déchets en combustibles solides de récupération (CSR). 

Il s’agit de sélectionner et broyer des déchets ayant un haut pouvoir calorifique (plastique, bois, carton, textile…). Ces déchets sont broyés et brûlés dans des cimenteries, des unités d’incinération ou de co-incinération. La provenance de ces déchets destinés à devenir des combustibles a une importance cruciale : il peut s’agir de refus de tri, lorsque le recyclage demeure la priorité, mais dans certains cas, cette priorité est “oubliée” et des déchets pourtant recyclables sont directement transformés en combustibles. C’est d’ores et déjà le cas pour la moquette, qui pourrait constituer un gisement de plus en plus convoité par les producteurs de CSR puisqu’elle est constituée de plastique et textile, des matériaux secs et au pouvoir calorifique élevé. En outre, les investissements dans la production et l’utilisation de CSR sont actuellement soutenus par des fonds publics et des mécanismes d’incitation fiscale. Paradoxalement, l’énergie produite via la combustion de CSR peut en effet aujourd’hui être comptabilisée comme “renouvelable” à 50%, du fait de la présence de “biomasse” (carton, bois… pourtant recyclable) dans les déchets qui constituent la matière première brûlée.

Ces évolutions pourraient à terme saper les efforts des acteurs de la filière à s’engager dans le recyclage et la réutilisation de la moquette 

 

Recyclage : très faible

ACTEURS DE LA VALORISATION

OPTIMUM (CSR): En France, la filière de la moquette met en avant son engagement environnemental au travers du programme Optimum. Lancé fin 2010 par l’Union Française des Tapis et Moquette (UFTM) et l’Union Professionnelle des Métiers de la Finition (UPMF), il s’agit d’un programme de reprise des dalles de moquettes usagées. Dans le cadre de ce programme, les maîtres d’œuvres et d’ouvrage et les entreprises de pose peuvent demander une collecte directement sur les chantiers. Les dalles usagées sont alors acheminées vers le centre de traitement de l’entreprise VanHeede, situé en Belgique. La moquette est ensuite broyée et transformée en “pellets” ou granulés plastique qui peuvent être utilisés comme combustibles de substitution dans les fours de cimenteries. Les matières non-combustibles sont quant à elles transformées sous forme de chaux et entrent dans la fabrication du ciment.  voir plus de détail sur le site : https://www.recyclage-moquettes.fr/le-dispositif/

DESSO (recyclage)

INTERFACE (recyclage)

PROJETS DE R&D - INNOVATIONS

OBLIGATIONS REGLEMENTAIRES

IMPACT ENVIRONNEMENTAL

Exemples de bénéfices du recyclage de la moquette

Recycler 100 m2 de moquette permet de détourner environ

  • 243 kg de moquette des décharges
  • d’économiser 193 litres de pétrole,
  • d’éviter l’émission d’environ 445 kg de CO2 dans l’air (l’équivalent d’un trajet en voiture de 1600 km).
  • Le recyclage de la moquette permet de créer des emplois locaux “verts”

SOURCES DES DONNEES

ADEME : étude de préfiguration de la REP PCMB

ZEROWASTE : MOQUETTE : LA PLANETE AU BOUT DU ROULEAU – Recommandations pour sortir d’un grand gâchis